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Conférence : Prix Montaigne 2012
30-03-2012
Prix Montaigne 2012

Discours de Nicolas de Bailliencourt dit Courcol
Grand Chancelier de l'Académie du Vin de Bordeaux

Monsieur le Ministre d’Etat et Maire de Bordeaux
Monsieur le Président du  Jury du Prix Montaigne,
Mesdames Messieurs et chers amis,
Maître,

Il me faut vous avouer que ce prologue présentant une Khâgne des années 50, où l’on voit vos professeurs jongler allègrement avec  Descartes, Spinoza, le Cardinal Gerlier, Bergson, Sartre, Kant, Cicéron et le roi Salomon,  où  l’on voit vos professeurs vous initier à l’art suprême :  celui de la citation bien placée, fût elle inventée , m’a… comme dirait  Madame Martine Aubry  « interpellé au niveau du vécu… ». En fait, nous dites vous, vous faites là une satire  -brillante-  de la rhétorique khâgneuse. Cette satire est-elle si éloignée de la réalité ? On peut se poser la question.
Quoiqu’il en soit, au sortir de telles études on est sans contestation armé pour la vie d’une solide culture générale et philosophique. Il  en faut en  tout cas aux « minus habens » que nous sommes trop souvent pour tirer le meilleur profit  d’ « Historien Public ».  Mais la lecture de cet ouvrage est si riche d’informations historiques, d’enseignements sur le monde de l’édition,  sur la vie littéraire de l’après guerre, si riche en commentaires de toute nature que même des lecteurs lambda  peuvent en tirer, chacun à sa manière, beaucoup de profit.
L’implantation des sciences humaines dans le monde de l ‘édition et leur croisement  avec l’Histoire a été pour vous un engagement passionné, « le plus beau des métiers, dites vous, car il touche à tout », faisant de l’éditeur un orpailleur. Vient alors la description de votre travail de créateur et de directeur  de collections chez Gallimard qui vous amène à  explorer ce monde infini des sciences humaines et de l’histoire, avec notamment  « Archives »,  «  Liberté pour l’histoire », le « Débat » et   « Lieux de mémoire ».
Passionnant travail de conception et de gestation littéraire et philosophique  qui requiert pour chaque accouchement d’une collection ou d’une œuvre, initiative, patience, fermeté et diplomatie.
Parmi les pépites de l’orpailleur on ne peut pas ne pas citer l’Aveu, dont heureusement Aragon n’a pas été autorisé, par vous, à faire la préface,  et Tristes tropiques. L’édition de tant  d’autres ouvrages écrits par la fine fleur de la génération intellectuelle de l’après guerre  –  ouvrages souvent trop spécialisés pour atteindre le grand public-  mais de grande qualité naturellement, donne lieu a une production si abondante que l’on en reste pantois et que l’on ne peut évidemment pas  la détailler de façon exhaustive.
 « Historien public » rassemble par ailleurs une collection d’articles, de commentaires,  d’interventions critiques  -parfois saignantes- d’hommages, de «  moments » regroupés par thèmes,  par exemple  la Guerre d’Algérie, la tragédie des marranes,  le dialogue Israël –Diaspora,  ou encore ce court article «  du Général à l’Amiral », de Gaulle bien sûr  - sois dit en passant… touché coulé l’amiral- ,  ce papier sur Bernard Henri Lévy qui a eu probablement du mal à s’en remettre,  l’affaire du Monde et accessoirement la mauvaise foi de Jacques Fauvet, le bonheur de travailler avec Jacques Ozouf et les grand historiens de notre temps : François Furet, Jacques Le Goff, Pierre  Vidal Naquet, René Rémond,  et encore science et conscience du pratimoine, et aussi la Bataille de la Bibliothèque Nationale de France à laquelle vous consacrez plusieurs articles pour titrer  in fine « le vin est tiré, trois  points de suspension ».
On sent bien  là qu’il  ne s’agit pas de boire un bon Bordeaux  mais d’avaler une mauvaise piquette,  celle  de la mise en service, calamiteuse, de ce beau  bâtiment qu’est la bibliothèque François Mitterrand, tristement  inadaptée à sa fonction. Tant d’autres  thèmes, de sujets enfin, que l’on ne peut  citer tous, et que le lecteur aura plaisir à découvrir au fil des pages…

Pour faire court, votre propos,  dites vous, a été de mettre l’histoire au cœur de la culture et de l’identité française, objectif, bien sûr, parfaitement réussi.
Il n’y a aucun doute,  si « Historien public » peut, selon  votre  vœux secret, être lu de bout en bout, il peut l’être aussi  à sauts et à gambades.  C’est qu’il est parfois bon que le lecteur fasse une petite pause entre ces différents chapitres, si  denses,  pour reprendre haleine et faire réflexion sur ce qu’il vient de lire, un peu comme lorsque l’on boit un  grand Bordeaux, et que l’on prend le temps entre chaque gorgée de savourer ce don de la nature qu’est le vin,  magnifié par le savoir faire de l’homme.
Maître,  avec nos remerciements pour cet ouvrage passionnant, soyez assuré de notre admiration et recevez toutes les félicitations de l’Académie du Vin de Bordeaux pour ce 10ème prix Montaigne.

 

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